TOME 1
MAMMOUTHS ET PIERRES TAILLÉES |
Aperçu
biographique
Jacques Boucher de
Crèvecœur de Perthes est né le 10 septembre 1788 à Rethel (Ardennes) de
Jules-Armand-Guillaume Boucher de Crèvecœur - naturaliste et directeur des
douanes d’Abbeville - et de Marie de Perthes.
Après de médiocres études
dans un pensionnat d’Abbeville, il entre comme commis au bureau de son père
en 1804. Puis, à partir de 1805, il est affecté à différentes missions en
Europe, dans le cadre du blocus continental décrété par Napoléon.
D’abord à Marseille, il
doit se rendre à Gênes en septembre 1805, avec mission " d’enquêter,
perquisitionner, découvrir les marchandises anglaises et de les brûler ".
Puis c’est Livourne (1808) et Foligno près de Rome (1810). Le 20 décembre
1810 il quitte Foligno pour une inspection sur l’application du blocus, qui le
mènera à Scopoli, Colfiorito, Serevalle, Tolentino, Macereti, Lorette (où il
visite le sanctuaire), les côtes de l’Adriatiques, Ancône, Pessaro, Bologne,
Modène, Mantoue et Trieste. Il a alors le titre d’ordonnance de l’Empereur.
A Trieste il reçoit de
nouveaux ordres. Il doit se rendre à Laybach (Liubliana), qu’il atteint en
janvier 1811. Il mène son inspection en Croatie puis en Basse-Styrie. Fin
janvier il est à Vienne. Puis c’est Essling, Munich, Augsbourg, Ulm, et
Stuttgart où il perd ses bagages et la diligence. Il parvient à Ellingen, puis
Rastadt en Bade et Strasbourg par le Pont de Kehl, où il retrouve ses bagages.
Quittant Strasbourg il
passe à Saverne, Phalsbourg, Sarrebourg, Lunéville et atteint Paris en mars.
Il vient rendre compte de
sa mission auprès de M. de Sussy, directeur général des douanes, et a une
entrevue avec l’empereur. En 1811 ses premiers poèmes sont publiés. En août
1812, il est nommé à la direction générale des douanes à Paris, avec rang de sous-chef
du personnel. Les salons du faubourg Saint-Germain s’ouvrent à lui ; il
y fait lire sa première tragédie, et espère le Théâtre français… Mais,
avec la chute de l’empire (1815), il est muté aux douanes de Morlaix (alors
Basse-Bretagne).Il va y rester pendant dix
ans. Là, il écrit pour le théâtre, compose des musiques et effectue des
recherches sur les coutumes et traditions locales… sans désespérer d’une
carrière littéraire parisienne. Mais la censure royale veille et, par deux
fois, ses pièces sont interdites.
C’est en 1818 qu’il
obtient le droit d’ajouter à son nom celui de sa mère. "Quoique le nom de Crèvecoeur
vaille bien celui de Perthes, le souvenir historique qui se rattache à ce
dernier, puisque mon ancêtre maternelle, Marguerite Romée, était la sœur
d’Isabelle Romée, mère de Jeanne d’Arc, et que ma mère a les mêmes
armes, ce souvenir explique assez le désir qu’avait cette bonne mère que
l’un de nous s’appelât de Perthes." ( Sous dix rois ).
Enfin, en 1825 il est
admis à prendre la succession de son père à la direction des douanes
d’Abbeville. Élu président de la Société
d’émulation - société savante – en 1830, il suit les recherches archéologiques
menées dans la région, grâce, notamment, au docteur Casimir Picard, avec qui
il fonde le Musée d’Abbeville et du Ponthieu. Mais c’est de 1837 que
datent ses propres fouilles, qui le conduisent à publier, en 1849, les
"Antiquités celtiques et antédiluviennes". Non sans difficulté.
L’opposition des esprits, en général, et de l’Académie des sciences, en
particulier, vont saper dès le départ la portée de ses découvertes.
En 1853 il est mis
d’office à la retraite. Il en profite pour effectuer une série de voyages
afin de rencontrer historiens et naturalistes européens, de faire connaître et
plaider sa thèse de l’homme antédiluvien, et de visiter sites archéologiques
et muséum de toute l’Europe. En 1857 paraît le deuxième tome de ses " Antiquités
celtiques et antédiluviennes ".
En 1859 - il a 71 ans -
ses idées sont enfin reconnues et ses preuves admises ; il se voit désormais
désigné comme le père de cette nouvelle discipline que devient la préhistoire.
Mais en 1863, il déclenche
une nouvelle polémique - entre préhistoriens français et anglais cette fois -
au sujet d’une mâchoire (humaine ?) découverte sur le site du
Moulin-Quignon. L’affaire fait grand bruit jusqu’à prendre des proportions
de cause nationale. Les déclarations scientifiques se succèdent et
pourtant, rien est tranché. Le nom de Boucher de Perthes porte décidément à
controverse.
L’année suivante paraît
le troisième tome de ses " Antiquités celtiques et antédiluviennes ".
Il passe les dernières
années de sa vie à classer ses collections, pour son propre musée à
Abbeville, et pour le Musée des antiquités nationales de Saint-Germain-en-Laye
qui doit être inauguré lors de l’exposition universelle de 1867. Classement
qui, lui non plus, ne se fera pas sans difficultés. Le 2 août 1868, il meurt
à Abbeville, laissant derrière lui, outre ses collections et ses écrits sur
la préhistoire, une très abondante œuvre littéraire.
Peu après sa mort, son œuvre
fut mise au pilon par sa famille. Et en 1940, Rommel ayant ordonné le
Bombardement d’Abbeville, le musée que Boucher de Perthes avait fondé - et où
étaient exposées certaines des plus belles pièces de sa collection – fut
totalement détruit.
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