JOURNAL D'UN COURTISAN




Le marquis de Dangeau
Tableau de Hyacinthe Rigaud

                 PHILIPPE DE COURCILLON
                              marquis de Dangeau


    
Il est né  le 21 septembre 1638 au château de Dangeau (Eure-et-Loir) dans une famille calviniste. Converti très jeune au catholicisme, il doit d'abord la faveur du roi à son habileté aux cartes.
     Familier de Louis XIV, au courant de tout et connaissant tout le monde, il est le personnage incontournable de la cour du roi Soleil. Pendant 36 ans (de 1684 à 1720), et chaque jour, il a tenu son journal. Notant chacun des événements (nominations, décisions du Conseil, maladies, voyages, opéras et théâtres, décès, promenades, chasses, réceptions, concerts...), c'est la source la plus importante et la plus fiable pour qui veut connaître le règne de Louis XIV. Sans fard et sans flagornerie, toute la vie de la cour de Versailles est là, bruissante, dans ces pages.
     Une rue du XVIe arrondissement de Paris porte son nom..

Dangeau vu par Saint-Simon. Il écrivait depuis plus de trente ans tous les soirs jusqu'aux plus fades nouvelles de la journée. Il les dictait toutes sèches, plus encore qu'on ne les trouve dans la Gazette de France. Il ne s'en cachait point, et le roi l'en plaisantait parfois. C'était un honnête homme et un très bon homme, mais qui ne connaissait que le feu roi et madame de Maintenon dont il faisait ses dieux, et s'incrustait dans leurs goûts et de leur façon de penser quelles qu'elles pussent être. La fadeur et l'adulation de ses Mémoires sont encore plus dégoûtantes que leur sécheresse, quoiqu'il fût bien à souhaiter que, tels qu'ils sont, on en eût de pareils pour tous les règnes.

                                                    
    Tome 1 La révocation de l'édit de Nantes (1684-1685)
    
 ISBN 2 913944 56 6 - 254 pages, 41 euros
Mardi 9 octobre 1685. Le roi dit à M. le nonce à son lever qu'il avait eu nouvelles que la ville d'Uzès se convertissait tout entière à l'exemple de Nîmes et de Montpellier, et qu'il ne doutait pas que le pape ne se réjouit fort de ses nouvelles là. - Mardi 16 octobre 1685. On apprit que tous les huguenots de la ville de Lyon s'étaient convertis par une délibération prise à la maison de ville, les ministres et tout le consistoire y étant ; les dragons n'y étaient point encore arrivés. - Vendredi 19 octobre 1685. ... et l'on vient d'apprendre que M. le chancelier a scellé ce matin la cassation de l'édit de Nantes.

     Tome  2 L'ambassade du Siam (1686-1687)
       ISBN 2 913944 75 2 - 248 pages, 41 euros

Jeudi 28 mars 1686. Il y eut un feu d'artifice devant l'Hôtel de Ville et des feux dans toutes les rues. Monseigneur alla à l'Hôtel de Ville voir le feu et ne demeura pas au festin qui fut magnifique. Le prévôt des marchands y avait convié les ambassadeurs du Siam. Ils s'en excusèrent, en disant qu'ils n'avaient pas achevé toutes les visites de la maison royale, et qu'il ne fallait pas que leurs plaisirs marchent devant leurs devoirs.

    
Tome 3 La descente du prince d'Orange (1688-1689)
      ISBN 2 913944 89 2 -  240 pages, 41 euros
Mercredi 11 février 1688. M. Skelton, envoyé d'Angleterre, vint donner part au roi de la résolution qu'a prise son maître de rappeler de Hollande les six régiments de ses sujets qui y servaient ; il y en a trois anglais et trois écossais, qui sont les plus belles troupes qu'on puisse voir. Il paraît que S.M.B. est fort mécontente du prince d'Orange. On dit que les Hollandais se préparent à faire armer 24 vaisseaux et qu'ils lèvent 8 000 matelots. - Dimanche 22 août 1688. Les Hollandais font des levées. Sur cette nouvelle, le roi a donné des ordres pour lever 6 000 chevaux et 10 000 hommes de pied. - Dimanche 19 septembre. On ne doute point que le dessein du prince d'Orange ne soit d'aller en Angleterre ; il fait embarquer 6 000 selles et tout ce qui est nécessaire pour armer beaucoup de cavalerie. Le roi d'Angleterre cependant ne s'embarrasse de rien, et tout paraît fort calme à Londres.

    
Tome 4 L'argenterie du royaume (1689-1690)
      ISBN 2 84909 003 4 - 264 pages, 41 euros
Samedi 3 décembre 1689. - Le roi veut que dans tout son royaume on fasse fondre et porter à la Monnaie toute l'argenterie qui servait dans les chambres, comme miroirs, chenets, girandoles, et toutes sortes de vases, et pour en donner l'exemple il fait fondre toute sa belle argenterie, malgré la richesse du travail, fait fondre même les filigranes les toilettes de toutes les dames seront fondues aussi, sans en excepter celle de madame la Dauphine.

    
Tome 5 Monseigneur le grand dauphin (1690-1691)
      ISBN 2 84909 047 6 - 320 pages, 41 euros
Mercredi 14 juin 1690, au camp de Wachenheim. Monseigneur vit les trois régiments de dragons de la droite, à pied, qui sont le Dauphin, Barbezières et Breteuil, chaque régiment faisant un bataillon à trois de hauteur ... On a nouvelles de Flandre que les ennemis ont forcé le retranchement et ont brûlé quelques villages de la châtellenie d'Ypres. - M. de Savoie n'a rien voulu tenir de tout ce qu'il avait promis ... Les vaisseaux du roi sont à la voile et par un bon vent ; nous n'en avons que soixante à la mer ... Nos quinze galères qu'on a construites à Rochefort vont entrer dans la la Manche ... Il n'y a pas apparence que les Anglais et les Hollandais entreprennent de tenir la mer contre nous...

    
Tome 6 La prise de Namur (1692)
      ISBN 2 84909 075 1 - 214 pages, 41 euros
Mardi 1er juillet 1692. M. de Boufflers demeurera encore quelques jours auprès de Namur, et M. de Luxembourg marchera demain avec son armée dans la plaine de Saint-Gérard. On a consommé huit cent milliers de poudre à ce siège-ci. On a tiré quarante cinq mille coups de canon et huit mille bombes. (...) M. le prince et M. le maréchal d'Humières virent sortir la garnison du château, qui était de plus de deux mille hommes. Le prince de Barbançon sortit à la tête de la cavalerie, salua M. le Prince de l'épée, et ensuite vint se ranger auprès de lui pendant que la garnison passa. Durant tout ce temps là, il fit un orage effroyable.

    
Tome 7 Le sac du Palatinat (1693)
      ISBN 2 84909 108 1 - 202 pages, 41 euros
Jeudi 28 mai 1693. Il arriva ici à sept heures du matin un officier des gardes de M. le maréchal de Lorges, qui apporte au roi la nouvelle de la prise de Heidelberg ; la tranchée fut ouverte la nuit du 21 au 22 ... Le feu se répandit dans la ville, qui a presque été toute brûlée. - Mardi 14 juillet 1693. On a eu nouvelle que M. le maréchal de Lorges avait fait attaquer Zwingelberg par les grenadiers de son armée ... La ville a été pillée et brûlée.

    
Tome 8 Le chevalier Jean Bart (1694-1695)
      ISBN 2 84909 122 7 - 268 pages, 41 euros

Lundi 5 juillet 1694. On apprit au lever  du roi que, le 29 du mois passé, Jean Bart avait mis la voile à deux heures du matin, et que huit heures après il avait découvert à l'embouchure de la Meuse la flotte marchande chargée de blé qui venait de la mer Baltique. Il reconnut que cette flotte avait été prise par huit vaisseaux de guerre hollandais qui l'emmenaient en Hollande. Bart ne balança point sur le parti qu'il avait à prendre, et avec ses six frégates, il alla attaquer les huit vaisseaux de guerre ennemis...

    
Tome  9 Vauban (1695-1696)
      ISBN 2 84909 144 8 - 286 pages, 35 euros
Vendredi 11 novembre 1695. Montau, gouverneur de la citadelle de Besançon, vient hier ici porter au roi des lettres de M. de Vauban, qui lui rend compte de l'état où il a laissé les côtes de basse Bretagne, qui est aussi bon qu'on peut le désirer. Le roi a permis aussi à Polastron, qui était dans Saint-Malo, de revenir ; et on ne craint plus que les Anglais viennent bombarder les villes de nos côtes cette année. - Lundi 2 avril 1696. Le roi envoie Vauban visiter les places de Flandre, depuis la Meuse jusqu'à la mer, et a ordonné au baron de Bressey d'y aller avec lui ; il veut savoir par eux l'état des fortifications de toutes ces places, pour faire travailler à ce qu'il y aura de plus nécessaire.

    
Tome 10 Le mariage de Savoie (1697)
      ISBN 2 84909 155 3 - 210 pages, 33 euros
Samedi 7 décembre 1697. Après la messe il y eut un grand festin de la maison royale dans la salle de la duchesse de Bourgogne ; la table était en fer à cheval ; le roi au milieu dans son fauteuil ... Après le souper qui fut superbe, on entra dans la chambre de madame la duchesse de Bourgogne, et le roi, un moment après, en fit sortir tous les hommes. Monseigneur le duc de Bourgogne se déshabilla dans l'antichambre, et le roi d'Angleterre lui donna la chemise. La duchesse de Bourgogne se déshabilla devant toutes les dames qui étaient dans la chambre, et la reine d'Angleterre lui donna la chemise. Dès que la duchesse de Bourgogne fut au lit, on vint avertir monseigneur le duc de Bourgogne, qui se mit dans le lit à la droite. Le roi et la reine d'Angleterre s'en allèrent. Le roi s'en alla se coucher. Monseigneur le duc de Bourgogne se releva au bout d'un quart d'heure, se rhabilla dans l'antichambre et s'en retourna chez lui par la salle des gardes... 

    
Tome 11 La querelle du Quiétisme (1698)
      ISBN 2 84909 203 7 - 206 pages, 33 euros

Samedi 28 juin 1698. On ne parle ici que du dernier livre de M. de Meaux (Bossuet)  contre M. de Cambray (Fénelon), où toute la doctrine de Madame Guyon est étalée ; cette dame est toujours à la Bastille, où M. de la Reynie, par ordre du roi, l'a déjà interrogée plusieurs fois. On parle de lui confronter le P. de la Combe qui, dans son interrogatoire, n'a pas été si réservé qu'elle. On dit qu'elle se défend avec beaucoup d'esprit et de fermeté.

    
Tome 12 L'hommage du duc de Lorraine (1699)
      ISBN 2 84909 258 4 - 220 pages, 35 euros
Mercredi 25 novembre 1699. L'après-dînée, sur les trois heures, Monsieur et M. de Lorraine arrivèrent à Versailles. Le roi était dans son salon, assis dans un fauteuil et le chapeau sur la tête. Quand M. de Lorraine entra, il fit trois profondes révérences, et le roi ne se découvrit ni ne se leva. On apporta un carreau à M. de Lorraine, qui ôta son épée, son chapeau et ses gants. M. le duc de Lorraine se mit à genoux sur le carreau qu'on lui avait préparé. Le roi lui prit les deux mains entre les siennes et il prêta foi et hommage au roi pour le duché de Bar et autres domaines mouvants de la couronne, entre autres le chemin qui va de Lorraine en Alsace, conformément à ce qui a été réglé dans le traité de Ryswyck et à l'hommage qu'avait rendu son grand-oncle, le duc Charles, en 1661.

    
Tome 13 La succession d'Espagne (1700)
      ISBN 2 84909 268 1 - 244 pages, 41 euros

Mardi 16 novembre 1700. Le roi, après son lever, fit entrer l'ambassadeur d'Espagne dans son cabinet, et puis il appela monseigneur le duc d'Anjou, qui était dans les arrière-cabinets, et dit à l'ambassadeur : "vous pouvez le saluer comme votre roi". L'ambassadeur se jeta à deux genoux et lui baisa la main à la manière d'Espagne.

    
Tome 14 La mort de Monsieur (1701)
     ISBN 2 84909 319 X - 286 pages, 41 euros

Jeudi 9 juin 1701. M. Fagon arriva ici à une heure ; le roi lui avait ordonné de ne point revenir que Monsieur ne fût expiré ou que par une espèce de miracle il ne fût mieux. Dès que le roi le vit entrer chez madame de Maintenon où il était, il lui dit : "Eh bien, M. Fagon, mon frère est mort ? - Oui sire, répondit M. Fagon, nul remède n'a pu agir." Le roi, fondant en larmes et ne pouvant cacher sa douleur, ne laissa pas de se mettre à table à son ordinaire en public et se contraignit, quoiqu'on le pressât fort de demeurer en repos et de manger un morceau chez madame de Maintenon en particulier. Le dîner fut court et triste. Après dîner, il se renferma chez elle avec madame la duchesse de Bourgogne et ses dames, et il lui échappa plusieurs fois de dire : "Je ne saurais m'accoutumer à songer que je ne verrai plus mon frère."

    
Tome 15 La guerre de succession d'Espagne (1702)
      ISBN 2 84909 329 7 - 326 pages, 41 euros
Lundi 20 février 1702. Il arriva un courrier de Barcelone, par lequel on apprend que le roi d'Espagne attend avec impatience les vaisseaux du roi qui le doivent porter à Naples, ayant grande envie de faire voir à ses sujets qu'il est digne d'être leur roi. Le roi lui écrivit de Marly, le 23 du mois passé, une lettre dont voici la copie : "J'ai toujours approuvé le dessein que vous avez de passer en Italie. Je souhaite de le voir exécuter ; mais plus je m'intéresse à votre gloire, plus je dois songer aux difficultés qu'il ne vous conviendrait pas de prévoir comme à moi. Je les ai toutes examinées... J'apprends avec plaisir que cela ne vous détourne pas d'un projet aussi digne de votre sang que celui d'aller vous-même défendre vos États en Italie ; il y a des occasions où l'on doit décider soi-même... Vos sujets vous en aimeront davantage et vous seront encore plus fidèles..."

    
Tome 16 La révolte des Camisards (1703)
      ISBN 2 84909 370 X - 326 pages, 45 euros

Dimanche 11 mars 1703. On a eu des nouvelles de Languedoc, que les troupes de la marine, que nous avons en ce pays-là, avaient attaqué et battu quatre ou cinq cents des fanatiques, dont ils en avaient tué soixante... Ces fanatiques sont commandés par un nommé Roland, à qui ils donnent le titre de comte des Cévennes.

    
Tome 17 La prise de Gibraltar (1704)
     ISBN 2 84909 382 3 - 334 pages, 45 euros

Lundi 18 août 1704. On apprit le soir que la flotte ennemie, qui avait pris la route du détroit, avait fait mettre pied à terre à quelque infanterie qui avait pris le château de Gibraltar, dans lequel les Espagnols n'avaient laissé que cinquante hommes ; on ne saurait s'imaginer le peu de précautions qu'ont les Espagnols. Quoique cette conquête soit peu importante, cela n'a pas laissé de déplaire ici.

    
Tome 18 Chamillart (1705)
      ISBN 2 84909 413 6 - 282 pages, 41 euros
Décembre 1705. - Pendant tout le cours de l'année le roi a tenu le conseil d'État les dimanches, les mercredis et les jeudis, et de quinze jours en quinze jours le lundi. Ce conseil est composé du roi, de monseigneur le Dauphin, de monseigneur le duc de Bourgogne et des quatre ministres d'État qui sont : M. de Beauvilliers, M. le chancelier, M. de Torcy et M. de Chamillart ... Les dimanches et les mercredis au soir, le roi travaille chez madame de Maintenon avec M. de Chamillart ; les mardis avec M. de Pontchartrain pour les affaires de la marine ; les lundis avec M. Pelletier pour les fortifications et pour les ingénieurs...

    
Tome 19 Ramillies (1706)
      ISBN 2 84909 463 1 - 280 pages, 41 euros

Mercredi 26 mai 1706. Le roi apprit à son réveil la triste nouvelle d'une bataille que nous avons perdue en Flandre ; on n'en sait point encore les détails. L'action s'est passée près de l'abbaye de Boneffe sur la Méhaigne, le jour de la Pentecôte qui était le 23 ... Il y a beaucoup de gens tués et blessés de part et d'autre ; voici tous ceux que nous savons de notre côté jusqu'ici : le prince Maximilien, sous lieutenant des gendarmes, tué, et le prince de Rohan, son frère aîné et lieutenant général, blessé à la cuisse. Bernières, major général de l'armée, tué. Le comte de Nill, brigadier de la brigade où était le régiment de mon fils, et lieutenant colonel de son régiment, dangereusement blessé. Mon fils, blessé d'un coup de sabre à la tête.

     
Tome 20 Défense de Nice et de la Provence (1707)
       ISBN 2 84909 478 5 - 268 pages, 35 euros
10 juillet 1707. Les troupes que commande le prince Eugène marchent dans le comté de Nice. Nous en avons retiré le peu de troupes que nous y avions. M. de Sailly, lieutenant général, qui les commande, s'est mis en deçà du Var, qui est débordé et qui pourrait retarder la marche des ennemis s'ils veulent entrer en Provence, comme toutes les apparences y sont.

    
Tome 21 Le siège de Lille (1708)
       ISBN 2 84909 524 9 - 268 pages, 41 euros
Mardi 14 août 1708. Il arriva plusieurs courriers de Flandres. Les ennemis ont investi Lille et M. de Marlborough, avec l'armée d'observation, est à Helchin sur l'Escaut. - Jeudi 23 août 1708. On a la confirmation que la tranchée n'est pas encore ouverte à Lille. Les ennemis travaillent à divers épaulements en des endroits différents, et l'on ne saurait juger encore par quel endroit ils attaqueront la place. - Dimanche 9 septembre 1708. M. de Boufflers mande que la perte des ennemis à l'attaque de la contrescarpe a été plus grande encore qu'on ne le croyait d'abord et qu'il a fait compter plus de deux mille corps morts sur le glacis.

    
Tome 22 Malplaquet (1709)
       ISBN 2 84909 526 3 - 290 pages, 41 euros

Mardi 10 septembre 1709. On mande de Flandre que M. d'Artagnan, avec les troupes qui étaient dans le camp de Lens, avait rejoint le maréchal de Villars, et toute notre armée doit avoir présentement passé l'Auneau. Les ennemis ayant passé la  Trouille, il n'y a plus rien qui nous sépare, et toutes les apparences sont que nous apprendrons au premier jour la nouvelle d'une grande bataille.

     
Tome 23 Le maréchal de Villars (1710)
      ISBN 2 84909 529 4 - 278 pages, 41 euros

Vendredi 3 janvier 1710. M. Voisin va souvent chez M. le maréchal de Villars et a de grands conférences avec lui. On a donné à ce maréchal pour cet hiver l'appartement de feu M. le prince de Conty, et le roi alla voir ce maréchal le dernier dimanche de l'Avent après le sermon et fut deux heures enfermé seul avec lui, où il avait fait porter des papiers pour travailler. Le roi n'avait été chez aucuns particuliers  depuis le maréchal de Gramont, qu'il y a plus de trente ans qu'il est mort.

    
Tome 24 L'élection de l'empereur Charles VI (1711)
      ISBN 2 84909 534 8 - 272 pages, 41 euros

Mardi 13 octobre 1711. On mande de Francfort que l'élection de
l'empereur se fera sûrement le 12, et que M. d'Albani, nonce du pape, sera obligé de sortir de la ville pendant ce temps-là. L'archiduc y pourra arriver avant l'élection, si les nouvelles qu'on a eues des côtes de Provence sont véritables, car on mande qu'on a vu passer une flotte de quarante ou cinquante voiles qui prend la route des côtes d'Italie, et qu'on ne doute point que ce ne soit l'archiduc qui va débarquer à Final. Il y a déjà plusieurs seigneurs allemands et italiens qui l'attendent à Milan, où il doit passer en allant en Allemagne.


Suite à paraître... 

 

 

 

 

 

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