EUTROPE
Abrégé de
l’histoire romaine
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Eutrope |
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| TEXTE INTÉGRAL 166 pages. 29 euros |
ISBN : 2 - 913944 – 68 – X Éditions PALEO |
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EXTRAITS 2. Déjà il a fondé la ville qu’il appelle Rome, de son nom. Voici à peu près ce qu’il fait ensuite. Il reçoit dans sa nouvelle cité la foule de ses voisins ; il choisit cent personnages des plus âgés, pour s’éclairer de leurs conseils dans toutes ses actions : il leur donne, à cause de leur grand âge, le nom de sénateurs. Mais il manquait de femmes, ainsi que son peuple : il invite donc à des jeux les nations voisines de Rome, et fait enlever les jeunes filles. Cet outrage excite bientôt des guerres ; il défait les Céniniens, les Antemnates, les Crustuminiens, les Sabins, les Fidénates et les Véiens, dont les villes entourent celle de Rome. Dans la suite, au milieu d’un orage qui s’éleva tout à coup, Romulus disparut, après un règne de trente-sept ans : on crut qu’il avait été reçu dans le ciel, et on lui accorda les honneurs de l’apothéose. Après lui, Rome reçut, pendant cinq jours, les lois de chaque sénateur, et leur règne embrassa l’espace d’une année. 3. Le second roi fut Numa Pompilius, prince qui, sans faire aucune guerre, ne fut pas moins utile à ses sujets que Romulus. En effet, il leur donna des lois, il adoucit les mœurs de ce peuple que l’habitude des combats faisait regarder comme une troupe de brigands à demi barbares. Numa partagea en douze mois l’année, qu’aucun calcul n’avait bien réglée jusqu’alors ; il établit à Rome un grand nombre de temples et de cérémonies religieuses. Il mourut de maladie, la quarante-troisième année de son règne. 4. Son successeur fut Tullus Hostilius. Il renouvelle les guerres, triomphe des Albains, éloignés de Rome de douze milles : les Véiens et les Fidénates, les uns à six milles, les autres à dix-huit milles de Rome, sont vaincus dans plus d’une bataille. Tullus agrandit sa capitale, en y ajoutant le mont Célius. Après un règne de trente-deux ans, il est frappé de la foudre, et consumé avec son palais. 5. Après lui, Ancus Marcius, petit-fils de Numa par une fille de ce prince, prend les rênes du gouvernement. Il combat les Latins, ajoute à la capitale le mont Aventin et le mont Janicule, et bâtit, près de la mer, la ville d’Ostie, à seize milles de Rome. La vingt-quatrième année de son règne, il meurt de maladie. 6. Le trône est ensuite occupé par Tarquin l’Ancien. Il double le nombre des sénateurs, fait élever un cirque à Rome, et institue ces jeux romains que l’on célèbre encore de nos jours. Il défait aussi les Sabins, leur enlève une partie de leurs terres, qu’il ajoute au territoire de Rome, et, le premier, entre dans la ville avec les honneurs du grand triomphe. Il fait construire des murs et des cloaques, jette les fondements du Capitole. La trente-huitième année de son règne, il périt victime d’une vengeance des fils d’Ancus, son prédécesseur. 7. Après Tarquin, la couronne passe à Servius Tullius, qui eut pour mère une femme de qualité, mais cependant captive et réduite à la domesticité. Ce prince soumet aussi les Sabins, joint à Rome les trois monts Quirinal, Viminal et Esquilin, fait creuser des fossés autour des murailles. Le premier de tous, il établit le cens, inconnu jusqu’alors dans l’univers. Sous lui, Rome, après un dénombrement général, compta quatre-vingt-trois mille citoyens, y compris les habitants des campagnes. Servius, la quarante-cinquième année de son règne, mourut victime du forfait de son gendre, Tarquin, fils de son prédécesseur, et du crime de sa fille, épouse de Tarquin. 8. Lucius Tarquin le Superbe, septième et dernier roi de Rome, triomphe des Volsques, nation voisine de Rome, sur la route de la Campanie. Il soumet Gabie et Suessa Pometia, fait la paix avec les Toscans, élève un temple à Jupiter, dans le Capitole. Dans la suite, au siège d’Ardée, ville située à dix-huit milles de Rome, il perd la couronne. En effet, Sextus, son fils, qu’on appelait Tarquin le Jeune, venait d’outrager une dame de qualité, Lucrèce, vertueuse épouse de Collatin ; elle se plaint de cet affront à son mari, à son père, à ses amis, et se poignarde en leur présence. Pour la venger, Brutus, quoique parent, lui-même de Tarquin, ameute le peuple et ôte la royauté à Tarquin. Bientôt l’armée qui, sous les ordres mêmes du souverain, assiégeait la ville d’Ardée, abandonne ce prince, et, au moment où il se présente pour rentrer dans Rome, il trouve les portes fermées et se voit exclus de la ville. Après un règne de vingt-cinq années, il est contraint à la fuite avec son épouse et ses enfants. Ainsi Rome, dans l’espace de deux cent quarante-trois ans, vit sept rois se succéder, et à peine alors ses conquêtes les plus vastes s’étendaient-elles jusqu’à quinze milles. 9. Ensuite, à la place d’un roi, on nomme deux consuls, afin que, si l’un veut faire le mal, l’autre, muni du même pouvoir, l’en empêche. On juge à propos que les consuls ne gardent pas l’autorité plus d’un an, de peur que la continuité du pouvoir ne leur inspire trop d’orgueil ; mais on veut qu’ils se montrent toujours populaires, certains qu’à la fin de l’année ils redeviendront simples particuliers. Ainsi la première année de l’expulsion des rois a pour consul Lucius Junius Brutus, qui avait le plus contribué au bannissement de Tarquin : on lui donne pour collègue Tarquin Collatin, mari de Lucrèce, qui est presque aussitôt dépossédé : car on ne pouvait souffrir à Rome personne qui portât le nom de Tarquin. Aussi, après avoir recueilli tout son patrimoine, il quitte Rome, et Valerius Publicola est nommé consul à sa place. 10. Cependant le roi Tarquin, qui a été banni, déclare la guerre à Rome, et, suivi d’une foule de nations, il vient combattre pour reconquérir son trône. Dans la première bataille, le consul Brutus, et Aruns, fils de Tarquin, périssent l’un par l’autre : les Romains cependant sont vainqueurs. Brutus est pleuré pendant un an par les dames romaines, comme le défenseur de leur vertu et leur père commun. Valerius Publicola prend pour collègue Sp. Lucretius Tricipitinus, père de Lucrèce ; mais Spurius étant mort de maladie, il s’adjoint pour second collègue Horatius Pulvillus. Ainsi la première année eut cinq consuls : car Tarquin Collatin était sorti de Rome à cause de son nom, Brutus avait péri dans un combat, et Sp. Lucretius était mort de maladie. |
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