CLAUDIEN
Œuvres
complètes
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Claudien
(370 - 408) |
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| TEXTE INTÉGRAL 404 pages. 38 euros |
ISBN : 2 - 84909 – 046 – 8 |
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Table
des matières EXTRAIT En effet, depuis que les hommes ont commencé d’habiter la terre, jamais à aucun d’eux le destin ne prodigua des faveurs sans mélange : celui-ci brille par son visage, mais ses mœurs le déshonorent ; celui-là possède une belle âme, mais sa personne est disgracieuse ; tel se distingue dans les combats, qui, pendant la paix, s’avilit par ses vices ; tel autre est heureux dans sa vie publique, qui ne l’est pas autant, dans sa vie domestique. Chaque mortel se fait remarquer par quelqu’un de ces avantages particuliers : l’un a la beauté ou le courage militaire, l’autre, l’austérité ou la douceur ; celui-ci, la connaissance parfaite du droit, celui-là, une couche pure et féconde. Ces biens, épars chez tous les autres, chez toi se trouvent réunis ; ces présents du ciel, dont un seul suffit pour faire des heureux, tu les possèdes tous à la fois. Pourquoi rappellerais-je les hauts faits et les combats de l’auteur de tes jours ? ne se fût-il signalé par aucune action éclatante, son courage fidèle à Valens n’eût-il pas guidé des bataillons à la blonde chevelure, qu’il suffirait à sa gloire d’avoir eu Stilicon pour fils. Dès ton berceau se manifesta ton âme énergique, et, parmi les jeux de ton enfance, éclataient en toi des sentiments au-dessus de ta fortune ; actif et entreprenant, il n’y a place dans ton cœur que pour de hautes pensées. On ne te voit point assiéger la porte des grands, et ton langage est digne de ton avenir. Déjà la dignité brillait en tes manières, déjà tu inspirais le respect ; et l’éclat de ton noble visage, non moins que la mâle beauté de tes membres, supérieure à celle que les poètes ont attribuée aux demi-dieux, promettait un grand capitaine à la patrie. De quelque côté que tu dirigeasses tes pas majestueux dans Byzance, on s’écartait, on se levait devant toi, et cependant tu n’étais encore que soldat ! le peuple, par ses muets suffrages, devançait la future reconnaissance de la cour. A peine dans ton printemps, tu es envoyé en Assyrie, pour y négocier la paix ; la mission de traiter avec une nation aussi puissante, est confiée à un jeune homme ! Traversant le Tigre et l’Euphrate, tu te rends à Babylone : les chefs impassibles des Parthes s’étonnèrent à ton aspect. Ce peuple, armé sans cesse du carquois, accourut en foule pour te voir, et plus d’une fille de la Perse, en contemplant le bel étranger, brûla d’une secrète ardeur. Au milieu des vapeurs de l’encens, et des moissons parfumées de Saba, la paix est scellée sur l’autel, le feu sacré est arraché du sanctuaire, et, fidèles aux traditions des Chaldéens, les mages immolent de jeunes taureaux. Le monarque lui-même renverse de sa main la coupe étincelante, et le temple de Belus, ainsi que l’astre mobile de Mithra, sont pris à témoin de ses serments. Si parfois tu t’associais à quelque chasse, quel fer, avant celui de Stilicon, frappait de près le lion menaçant, ou atteignait au loin le tigre aux longues bandes ? Le Mède reconnut en toi un maître dans l’art de guider un coursier, et ton adresse à manier l’arc en fuyant, fut pour le Parthe un sujet d’admiration. Cependant l’âge nubile d’une jeune vierge mûre pour l’hymen était pour son père, pour le prince incertain, un objet de tendres soucis. Dans son désir de trouver un chef pour l’empire, un mari pour sa fille, il cherchait dans tout l’univers un gendre digne de la main et de la couche de Serena. La vertu seule pouvait le décider : longtemps il promena sa balance en suspens à travers les camps, les villes et cent peuples divers. Enfin son choix s’arrête sur toi ; parmi tant de nobles personnages qu’offre à l’envi l’univers, tu l’emportes dans son opinion, et tu deviens gendre des Césars, dont tu dois un jour être le beau-père. Sur le lit nuptial, fier de tant de richesses, l’or unit ses feux au noble éclat de la pourpre de Sidon. La jeune vierge sort du palais, escortée de ses illustres parents : ici est son père, couronné des palmes de la victoire ; là, l’impératrice qui, lui prodiguant les soins d’une mère, fixait le voile de flamme à son front chargé de pierreries. Alors, dit-on, dans leur allégresse, les chevaux du Soleil et les astres dansèrent en cadence ; du sol entr’ouvert jaillirent des lacs de miel et des fleuves de lait ; tandis que le Bosphore parait ses ondes de fleurs printanières, et que, rivale de l’Asie, l’Europe couronnée de roses élevait le flambeau de l’hyménée. |
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