AMMIEN MARCELLIN - Valentinien et Valens
Histoire de Rome  -  Tomes   1   2   3


Ammien Marcellin  (320 - fin du IVe siècle)
Historien latin né à Antioche et issu d’une famille grecque, il dut d’abord s’imprégner de la langue et de la culture latine. Reconnu comme le plus grand historien après Tacite, Ammien participe à la plupart des guerres de son temps sous le règne notamment de l’empereur Julien. D’après ses écrits, il a vu maints pays : l’Asie Mineure, la Mésopotamie, la Gaule ou encore l’Égypte. Ce n’est qu’à la fin de sa vie qu’il rédige son Histoire de Rome. Son écriture d’une grande qualité, est reconnue pour sa diversité (description de paysages, d’animaux) et son exactitude. Contemporain ou témoin oculaire des faits qu’il dépeint, son témoignage historique fait preuve d’une pensée philosophique impartiale et objective.
Traduction Th. Savalète
 

TEXTE INTÉGRAL
TOME III. 
228 pages.  33 euros

ISBN : 2 - 913944 – 87 – 6     Éditions PALEO

EXTRAITS                                                                                                                                

                          HISTOIRE DE ROME
(livre XXVII)


I.
Pendant cette rapide succession de faits en Orient, les Alamans s’étaient en partie remis des rudes coups que Julien avait portés à leur puissance, et le dépit du traitement qu’ils venaient de recevoir les poussait à insulter de nouveau les frontières, par eux longtemps respectées, de la Gaule. Aux calendes de janvier, profitant de l’extrême rigueur de l’hiver dans ces régions glaciales, plusieurs bandes firent ensemble irruption, et, divisées en trois corps, se répandirent en pillant dans le pays. Charietton, qui commandait sous le titre de comte dans les deux Germanies, s’avança contre le premier corps avec ce qu’il avait de meilleures troupes. Il avait appelé à lui Sévérien, qui était cantonné à Châlons avec les Divitenses et les Tongriens, officier du même rang que lui, mais vieux et infirme. Quand leurs forces furent réunies, ils jetèrent avec promptitude et résolution un pont sur une rivière de médiocre largeur ; et, du plus loin qu’on aperçut l’ennemi, l’action s’engagea par des volées de traits et de flèches, que les barbares rendirent aux Romains avec usure. Mais quand on en vint à combattre de près l’épée au poing, notre ligne de bataille, ébranlée par le choc impétueux des barbares, perdit toute vigueur et toute énergie ; et à la vue de Sévérien renversé de cheval par un javelot, elle prit tout à coup la fuite. En vain Charietton, gourmandant les fuyards et leur opposant son corps pour barrière, tâcha de leur faire laver cette honte en combattant de pied ferme : lui-même il reçut le coup mortel. Les barbares, après sa mort, s’emparèrent de l’étendard des Hérules et des Bataves, et, le plaçant en évidence, dansèrent autour avec des trépignements d’insulte et de triomphe. Ce trophée ne leur fut repris que fort tard, et au prix de beaucoup de sang.

  Accueil / Home page                      Retour / Back                      COMMANDER/ORDER

© Editions L'Instant Durable
P.O. box 234 - 63007 Clermont-Ferrand cedex 1 - France
Fax 00 33 (0)4 73 91 13 87 - Email : art@instantdurable.com

Création et mise en forme de ce site :
L'Instant Durable et Laurent de Bussac