XéNoPHoN
430 - 354 av. J.-C.

oeuvre COMPLÈTE


 

Histoire de la Grèce
de 411 à 362 av. J.-C.
298 pages, 35 euros
ISBN  2 84909 134 0

TOME  I
HELLÉNIQUES

Voyant que la ville lui est favorable, qu'on l'a élu stratège et que ses amis en particulier l'engagent à revenir, Alcibiade entre au Pïrée le jour où la ville célébrait les Plyntéries, où l'on couvre d'un voile la statue d'Athéna, ce que quelques-uns regardèrent comme de mauvais augure pour lui et pour la ville, attendu que, ce  jour là, pas un Athénien n'oserait accomplir un acte sérieux. Au moment où il débarque au Pirée, la foule du Pirée et celle de la ville se pressent autour des vaisseaux pour admirer et pour voir cet Alcibiade, que plusieurs assurent être le meilleur de tous les citoyens. "Seul, disent-ils, il a montré l'injustice de son bannissement ; il a été victime de gens qui ne le valent pas, qu'il écrasait de son éloquence, et dont toute la politique n'allait qu'à leur intérêt personnel. Lui,  au contraire, il a toujours travaillé au bien commun par l'emploi simultané de ses ressources et de celle de la ville. Quand il a voulu être jugé sans délai sur l'accusation portée contre lui comme profanateur des mystères, ses ennemis ont fait rejeter une demande qui paraissait juste, et ont profité de son absence pour le bannir de sa patrie. Alors, esclave de la misère, il s'est vu forcé de servir ses plus cruels ennemis, exposé chaque jour à perdre la vie, voyant ses amis commettre de grandes fautes sans pouvoir leur être d'aucun secours à cause des entraves de son exil. Ce n'est pas d'homme comme lui, ajoutaient-ils, qu'on doit craindre des révolutions et des bouleversements, puisque la faveur du peuple le met au-dessus de tous ceux de son âge et l'égale à ceux qui sont plus vieux que lui, tandis que ses ennemis semblent à son égard ce qu'ils étaient auparavant, prêt à faire périr, dès qu'ils en auront la puissance, tous les meilleurs citoyens. Aussi sont-ils demeurés en place, parce que le peuple s'en contente, à cause de l'absence de citoyens qui valent mieux."
Le parti opposé disait qu'Alcibiade était la cause unique de tous les maux qu'on avait soufferts, et qu'on risquait de voir ce général attirer à lui seul sur la ville tout ce qu'elle avait à redouter de fâcheux.
Alcibiade, après avoir bordé au rivage, ne descend pas tout de suite à terre, dans la crainte de ses ennemis ; mais il se tient sur le pont, et cherche à voir si ses amis sont là. Apercevant son cousin Euryptolème, fils de Pisianax, et ses autres parents et amis, il débarque et monte à la ville avec cette escorte déterminée à le protéger contre une attaque. Dans le conseil et dans l'assemblée, il se défend d'avoir profané les mystères et dit qu'il est victime d'une injustice. Après avoir présenté plusieurs raisons du même genre sans rencontrer un seul contradicteur, parce que l'assemblée ne l'aurait pas souffert, il est proclamé à l'unanimité généralissime absolu, comme seul capable de rendre à la République son ancienne puissance.

 



Histoire
du roi de Perse Cyrus
326 pages, 35 euros
ISBN  2 84909 135 9

TOME  II
CYROPÉDIE

Et toutefois ces peuples qu'il gouvernait ne parlaient pas son langage et ne s'entendaient pas entre eux. Cependant son ascendant s'étendait par la crainte sur cette immense étendue de pays, au point d'effrayer tout le monde, sans que personne n'ait osé rien entreprendre contre lui. C'est qu'aussi il sut inspirer à tous un si vif désir de lui plaire, que l'on désirait ne jamais cesser d'être gouverné par sa volonté. Voilà pourquoi il a réuni des nations si nombreuses que ce serait toute une affaire de les parcourir, en commençant le voyage de la résidence royale, et en se dirigeant vers le matin, vers le soir, vers l'ourse ou vers le midi.
Pour nous, considérant que ce grand homme est digne d'admiration, nous nous sommes enquis de sa naissance, de son naturel et de son éducation, qui l'on placé si haut dans l'art de gouverner les hommes ; et tout ce que nous avons appris et que nous croyons avoir découvert sur lui, nous essayerons de le raconter.

 



La retraite des Dix mille
256 pages, 35 euros
ISBN  2 84909 136 7

TOME  III
ANABASE

Tout ce que les Grecs ont fait dans leur marche dans les hauts pays avec Cyrus jusqu'à la bataille, puis ce qui s'est passé au moment de la retraite des Grecs, depuis la mort de Cyrus et la trêve avec Tissapherne, a été raconté dans les livres précédents.
Quand on eut arrêté les stratèges et mis à mort ceux des lochages et des soldats qui les avaient suivis, les Grecs se trouvèrent dans un grand embarras, en songeant qu'ils étaient aux portes du Roi, entourés de tous côtés d'un grand nombre de nations et de villes ennemies, sans personne qui leur fournît un marché de vivres ; à une distance de la Grèce de plus de dix mille stades ; sans guide qui leur indiquât la route ; arrêtés au milieu du chemin qui les menait à leur patrie par des fleuves infranchissables, trahis par les barbares mêmes qui avaient accompagné Cyrus dans son expédition, abandonnés seuls et sans cavaliers qui couvrissent leur retraite. Ils étaient donc certains que, vainqueurs, ils ne tueraient pas un fuyard ; vaincus, pas un d'eux n'échapperait.
Au milieu de ces pensées décourageantes, peut d'entre eux, ce soir-là, prirent de la nourriture, peu allumèrent du feu, et il n'y en eut pas beaucoup qui, dans la nuit, vinssent auprès des armes. Chacun reposa où il se trouvait ; aucun ne pouvait dormir du chagrin des regrets de leur patrie, de leurs parents, de leurs femmes, de leurs enfants, qu'ils n'espéraient plus revoir...

 



Mémoires sur Socrate
De l'économie
Apologie de Socrate
Le Banquet - Hiéron
316 pages, 35 euros
ISBN  2 84909 137 5

TOME  IV
DIALOGUES SOCRATIQUES

Socrate, il est vrai, en parlant de lui avec tant de fierté devant le tribunal, souleva la jalousie et fit que les juges furent plus disposés à le condamner. Mais pour moi, je trouve que les dieux lui ont accordé une heureuse destinée. Il a laissé de la vie la part la plus pénible, et obtenu le genre de mort le moins douloureux. Il fit bien voir, du reste, la force de son âme. Car quand il eut reconnu qu'il lui était plus avantageux de mourir que de vivre encore, de même qu'il n'avait jamais reculé devant les autres biens, il ne faiblit pas devant la mort, mais ce fut avec sérénité qu'il la reçut et subit.
Aussi, quand je réfléchis à la sagesse et à la grandeur d'âme de cet homme, je ne puis m'empêcher d'en rappeler le souvenir, et de joindre à ce souvenir mes éloges. Et s'il existe parmi les hommes épris de la vertu quelqu'un qui ait vécu avec un homme plus utile que Socrate, je le regarde comme le plus fortuné des hommes.

 



De l'équitation
Le commandant de cavalerie
De la chasse - Agésilas
Constitution des Lacédémoniens
Constitution des Athéniens
Les Revenus - Lettres
208 pages, 35 euros
ISBN  2 84909 149 9

TOME  V
TRAITÉS POLITIQUES ET MILITAIRES

Et d'abord, nous allons indiquer le moyen de n'être pas trompé dans l'achat des chevaux. Il est clair que l'on doit commencer par examiner le corps du poulain à dompter que l'on achète, car il ne donne pas encore d'indices de son caractère, n'ayant jamais été monté.
Nous disons donc que, dans le corps, les pieds sont le premier objet à considérer. En effet de même qu'une maison ne sera d'aucune utilité, quelle que soit la beauté des étages supérieurs, si les fondations ne sont pas construites comme il faut, ainsi un cheval de guerre ne servira de rien, fût-il bon pour tout le reste, s'il a de mauvais pieds ; ce vice rend inutile les autres qualités.
Pour juger du pied, il faut d'abord examiner la corne. Épaisse, le cheval aura de meilleurs pieds que si elle est mince. Ensuite il ne faut pas oublier de voir si le sabot est haut en avant comme en arrière, ou bien s'il est bas : haut, il éloigne de terre la partie appelée la sole ; bas,  le cheval appuierait également sur les parties dures et sur les parties molles du pied, comme les hommes cagneux. Simon dit que les chevaux qui ont de bonnes jambes se reconnaissent au bruit de leurs marche ; il a raison : un sabot bien évidé résonne sur le sol comme une cymbale.

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